Le plan d’investissement dans les compétences entre dans une nouvelle phase

Groupe de jeunes travaillant autour d'une table
Le ministère du Travail prévoit 3 milliards d’euros en 2019 pour son plan d’investissement dans les compétences. Il compte privilégier la formation des jeunes.
Former des entraineurs sportifs pour repérer les jeunes éloignés de l’emploi, mettre en avant des compétences non reconnues par des diplômes, ouvrir des « prépas apprentissage » pour acquérir un « savoir-être » professionnel, maintenir la garantie jeunes ou développer les écoles de la deuxième chance… telles sont, pêle-mêle, les initiatives qui bénéficieront du Plan d’investissement dans les compétences (Pic). 
 
Toutes sont incluses dans le plan pour l’insertion professionnelle qui succède au plan de 500 000 formations lancé sous la présidence Hollande. Jean-Marie Marx, qui pilote ce « Pic » depuis juillet 2018 au côté de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, en a présenté les détails fin octobre. 
 
Au total, ce plan prévoit 15 milliards d’euros d’investissements répartis sur le quinquennat. Quelque 500 millions sur les 3 milliards prévus pour 2019 sont réservés aux jeunes. Objectifs : former 1 million de demandeurs d’emplois et 1 million de jeunes et répondre aux difficultés de certaines entreprises en régions à trouver une main d’œuvre qualifiée.
 

8 500 euros par « parcours de formation »

 
Début novembre, 6 premiers projets lauréats d’une opération visant à financer des initiatives en faveur de l’intégration des jeunes sur le marché du travail ont été désignés. 
 
Parmi les autres dispositifs pour les jeunes, concernés par le Pic, figure aussi le parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (Pacea) qui avait été lancé en janvier 2017. Le montant moyen investi pour financer le parcours de chaque jeune doit être porté à 8 500 euros contre 3 000 auparavant (comprenant une allocation ainsi que le financement de formations).
 
Sont également sur les rails des « prépas » apprentissage, en CFA, visant notamment à acquérir un « savoir-être » professionnel afin d’être opérationnel sur le marché du travail. Des ateliers sur la ponctualité, l’autonomie, le travail en équipe, le surpassement de soi, etc. sont prévus. Ce type de compétences fait également l’objet de nouvelles formations dispensées par Pôle emploi. 
 

La garantie jeunes reconduite

 
D’autres dispositifs préexistants obtiennent également des crédits, comme la garantie jeunes, créée en 2013. Cette dernière prévoit une allocation pour accompagner les jeunes les plus en difficulté afin qu’ils trouvent une place sur le marché du travail. En 2019, 100 000 nouvelles personnes devraient en bénéficier selon la rapporteure de ce plan auprès de la Commission des finances de l’Assemblée.
 
Certains élus et responsables de missions locales s’inquiètent toutefois du devenir de ces dernières. Actuellement chargées de la distribution et du suivi de la garantie jeunes, elles pourraient se voir concurrencées dans ce rôle par d’autres organismes tels que Pôle emploi. 
 
Par ailleurs, le réseau des écoles de la deuxième chance, créé en 2004, les établissements pour l’insertion dans l’emploi (Epide), fondés l’année suivante, ou encore la grande école du numérique (2015) sont aussi incluses dans le Pic. 
 

Le chômage des jeunes en baisse

Les jeunes restent les plus touchés par le chômage. Un actif sur cinq de 15 à 25 ans se trouve dans cette situation en 2018 selon l’Insee. Mais bonne nouvelle : le taux de chômage des jeunes tend à diminuer depuis plus de 2 ans. Il a atteint son plus bas niveau depuis 2009 au cours des premiers mois de l’année 2018. En octobre, 746 900 jeunes de moins de 25 ans étaient inscrits à Pôle emploi. 
 

Les régions impliquées

 
Plus de la moitié de l’enveloppe du Pic est destiné aux régions. D’ici 2022, après avoir conclu des accords avec l’État, elles obtiendront des financements pour développer la formation dans leurs bassins d’emploi afin de répondre aux besoins des entreprises. En contrepartie, elles devront notamment tester des innovations potentiellement adaptables ailleurs.  
 
 
Sources :
- « Trois milliards d’euros pour financer le plan d’investissement dans les compétences (PIC) en 2019 ». Estelle Durand. Actualité de la Formation. 5 novembre 2018.
- « Les Missions Locales au cœur de la stratégie de la prévention de la pauvreté des jeunes ». Union nationale des Missions locales. 17 septembre 2018.

Marina Torre, novembre - marinatorre@cidj.com 

 

Mardi, 13 Novembre, 2018