Les jeunes boudent les réseaux sociaux « classiques »

En 2018, la fréquentation active de Facebook ou Twitter s’est effondrée chez les jeunes français, surtout les 12-17 ans, selon une enquête. Les usages changent aussi dans la recherche d’emploi.
Au tour des jeunes Français de délaisser Facebook et autres Twitter. Leur participation à ces plateformes baisse en France pour la première fois en 2018 selon le Baromètre du numérique, réalisé par le Crédoc pour l'Agence du Numérique, l'Arcep et le Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des territoires, paru début décembre. 
 
Certes, les jeunes participent encore souvent sur les réseaux sociaux en ligne (plus de 9 personnes sur 10 entre 18 et 24 ans déclarent avoir interagi sur l’un d’eux au cours de l’année 2018). Toutefois, le nombre de jeunes vraiment actifs sur les grandes plateformes les plus connues se tassent. C’est surtout le cas chez les 12-17 ans. La proportion de participants à ces réseaux sociaux repasse sous la barre des 80%, pour retrouver son niveau d’il y a cinq ans. La progression était pourtant constante au cours des années précédentes. 
 
D’autres « applis » en vogue
 
Plutôt que de poster images, vidéos ou commentaires sur les réseaux sociaux les plus connus (principalement Facebook, Twitter, Instagram ou LinkedIn, cités dans le questionnaire du sondage de cette étude), les plus jeunes préfèrent désormais échanger entre eux via des applications de messagerie comme WhatsApp, Snapchat, ou le nouveau venu : TikTok. Pour cela, ils utilisent leurs smartphones (les jeunes de 12 à 24 ans sont 98% à en posséder un)  
Cette tendance s’était déjà largement amorcée aux Etats-Unis, où les usages des technologies précèdent souvent ceux des autres pays occidentaux. Facebook devrait s’attendre à avoir perdu 2 millions d’abonnés chez les moins de 25 ans cette année selon le cabinet d’études spécialisé e-Marketer
 
TikTok fait tiquer
La nouvelle application qui fait des vagues chez les plus jeune s’appelle Tik Tok. Sorte de karaoké en ligne où les membres postent de courtes vidéos d’eux recréant des clips vidéo, elle est la plus téléchargée depuis le début de l’année.  Outre de très jeunes utilisateurs se mettant en scène de façon parfois suggestive, la plateforme attirerait aussi des individus mal intentionnés, voire des pédophiles selon des enquêtes journalistiques parues récemment. En principe, on ne peut pas s’y inscrire avant 13 ans, mais seul un formulaire en ligne sur lequel il est facile de mentir tient lieu de barrière à l’entrée. 
 
Changement d’usages dans la recherche d’emploi
 
On observe également une chute brutale du nombre de jeunes de 18-24 ans qui déclarent utiliser internet pour rechercher un emploi. En un an, ils sont passé de 70% à 59%. Parmi les causes possibles citées par les auteurs de cette étude figurent l’allongement de la durée des études qui expliquerait que les diplômés de l’an dernier aient été un peu moins nombreux que leurs aînés à chercher un emploi tout court. 
L’autre élément d’explication tient plutôt dans l’idée que se font les jeunes chercheurs d’emploi de l’usage d’internet. Moins qu’un outil permettant de postuler directement à des offres, la toile sert surtout à nouer et plus encore à resserrer des liens avec d’autres professionnels de son secteur. Ce qui à plus long terme, peut servir de tremplin pour décrocher un poste. « Le recours accru à des outils numériques comme LinkedIn s’apparente davantage à du développement de réseau qu’à une recherche d’offre d’emploi en bonne et due forme », notent ainsi les auteurs du rapport. 
 

Sources :
- « Baromètre du numérique 2018 ». Enquête du Crédoc pour l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP), l’Agence du numérique et le Conseil Général de l’Economie, de l’Industrie, de l’Energie et des Technologies (CGE). 3 décembre 2018.
- « Les dangers de Tik Tok pour vos enfants et comment s'en prémunir », Fabien Soyez, 16 novembre 2018. Cnetfrance.fr.

Marina Torre, décembre 2018 -marinatorre@cidj.com

 

Mardi, 11 Décembre, 2018